Témoignages des étudiants du programme «Process Méditerranée» pour l’Entrepreneuriat Social

L’objectif premier d’une entreprise sociale est de promouvoir l’innovation et le changement dans divers domaines tels que l’éducation, la santé, l’environnement… Elle vise à réduire les fractures sociales suivant des modèles d’activités économiques innovants et rentables. L’idée est de monter un business dont les bénéfices peuvent être alloués au financement d’autres projets à caractère social, culturel ou environnemental… En bref, l’entrepreneuriat social est une approche économique qui concilie l’engagement social et le business.

L’essor de cette approche économique et son développement en Tunisie a conduit certains acteurs du monde économique à créer des incubateurs, des structures d’accompagnement pour les jeunes entrepreneurs, ou encore lancer des formations susceptibles d’encourager les jeunes à aller dans cette voie en leur fournissant les outils pédagogiques, les connaissances académiques et les compétences techniques nécessaires.

Orange Tunisie, réputé pour son engagement RSE, a été pionnier dans ce domaine. L’opérateur téléphonique a lancé en partenariat avec l’école de commerce IHEC Carthage et Shanti, un programme tripartite de coopération en entrepreneuriat social entre la Tunisie, la France et le Liban. Son objectif : transformer la pédagogie de la formation à l’entrepreneuriat social.

Un an après le lancement de Process Méditerranée, nous avons rencontré les étudiants de l’IHEC Carthage qui ont eu l’occasion d’y participer.

Khaoula a défini l’entrepreneuriat social comme étant une approche qui « vise à résoudre une problématique sociale, à laisser un impact sur la communauté à travers un projet viable et rentable dont les bénéfices vont, plus tard, dans d’autres projets».

Abdessalem a indiqué dans ce même sens «qu’une entreprise sociale a pour vocation de créer de la valeur au sein de la communauté dans laquelle elle se développe» et a précisé que le choix de cette filière «était une concrétisation d’un rêve d’enfance». Depuis tout petit, Abdessalem rêve de laisser une trace dans ce monde. Se former en entrepreneuriat social était donc, à son sens, le parcours à suivre pour concrétiser son ambition.

Skander a assuré, de son côté, que c’est dans l’entreprenariat social «qu’il a trouvé la motivation capable de donner du sens à sa vie professionnelle». Insatisfait de son expérience dans le domaine de la comptabilité, il a décidé de faire une reconversion professionnelle en s’inscrivant au Master Pro Entrepreneuriat de l’IHEC Carthage qui offre un parcours entrepreneuriat social.

«J’essaye toujours de changer les choses autour de moi», a-t-il expliqué. Choisir l’entrepreneuriat social était donc une évidence pour Skander. En ce qui concerne la valeur ajoutée du programme Process Méditerranée, Khaoula a souligné que « le voyage au Liban, organisé dans le cadre de Process Med, lui a permis de découvrir plusieurs projets d’entrepreneuriat social». Une expérience qui lui a donné la possibilité « de consolider ses connaissances académiques par l’analyse de cas concrets».

Dans ce même sens, Abdessalem a signalé que «durant ce séjour au Liban, il a eu l’opportunité d’identifier les initiatives des start-up libanaises pour ensuite étudier la possibilité de les reproduire en Tunisie».
«A titre d’exemple, nous travaillons actuellement sur un projet de garderie d’intégration pour les enfants en situation de handicap. Ce projet a été lancé à Nefta et a pour objectif d’aider les enfants handicapés à mieux s’intégrer dans la société en utilisant des tablettes, des applications ludiques et éducatives», a-t-il annoncé.

Inès a, pour sa part, saisi l’occasion pour exhorter les jeunes porteurs d’idées à se lancer dans l’aventure et prendre l’initiative de changer le monde qui nous entoure.

Marie a, quant à elle, souhaité mettre en avant la richesse du programme Procès Méditerranée dans le cadre duquel «elle a eu la chance de découvrir les différents acteurs économiques locaux et leur mixité qui génère une dynamique créative».

Les intervenants ont conclu en soulignant qu’encourager ce type de programme et initiative est capable d’ouvrir davantage les esprits et d’apporter une révolution au système de l’enseignement supérieur. Ils ont également recommandé aux jeunes de travailler sur leurs idées, d’intégrer des associations et surtout multiplier les stages pour acquérir de l’expérience.

Nadya Jennene

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